VOICI POURQUOI LE POUVOIR S’AGITE CONTRE LA CENCO. Par Germain Nzinga
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Le week-end passé, la presse écrite et celle audio-visuelle nous ont inondé des communiqués au vitriol contre les évêques catholiques qui auraient pris position devant le flou politique faisant suite à la nomination de Bruno Tshibala. Pourquoi une telle agitation du régime de Kabila devant une pareille évidence ? Que voudrait bien cacher cet acharnement politique contre les prélats qui n’ont rappelé que la vérité des faits?
 
1. En éventrant le boa, les évêques ont mis à nu la roublardise du régime en place.
 
Ils ont donc remis les pendules à l’heure en précisant l’esprit et la lettre de l’Accord de la Saint Sylvestre en rappelant qu’eux, les anciens facilitateurs à la base de l’accord de la Cenco, ne reconnaissent qu’un seul rassemblement, celui piloté par Félix Tshisekedi et que par conséquent la nomination de Bruno Tshibala en dehors de cette plate-forme politique devient bel et bien une entorse à l’accord tel que stipulé le 31 décembre 2016. 
 
Cette position clairement exprimée des évêques a soulevé un tollé  de la part du régime qui a vite repris l’argument de la laïcité de l’État congolais et de l’incapacité tout autant juridique que constitutionnelle des évêques catholiques à  s’opposer à la ligne politique du gouvernement. D’autres les ont taxés de ne pas se mettre au milieu du village et de rouler pour le compte du Rassemblement contre la majorité présidentielle. D’autres encore sont carrément passés à l’injure facile pour souiller l’autorité morale des pasteurs catholiques.
 
La vérité est que Joseph Kabila et les siens ont cru jouer au malin en croyant appliquer vis-à-vis de l’église, le schéma de débauchage pour affaiblir l’adversaire et de là imposer son plan machiavélique. Durant la longue transition consécutive aux travaux de la Conférence Nationale Souveraine (CNS),  Joseph-Désiré Mobutu avait réussi à bâillonner les aspirations profondes du peuple en créant le même scénario que nous observons ce temps dernier. 
 
Au moment où il fallait appliquer les accords de la CNS, il nomma à la surprise de tous, un transfuge de l'UDPS, Faustin Birindwa comme premier ministre en lieu et place de son compagnon de lutte Étienne Tshisekedi, qui était coopté par les forces de l’Union Sacrée de l’Opposition radicale (Usor). Ce qui accentua la crise politique, divisant irrémédiablement le pays en deux camps, notamment celui de la mouvance présidentielle et ses partis politiques satellites d’une part et de l’autre part, celui de la vraie opposition radicale jumelée à la majorité du peuple zaïrois de l’époque.
 
Depuis le 5 avril où Joseph Kabila a franchi le Rubicon de la légalité en nommant à son tour à la surprise de tous, un autre transfuge de l'UDPS, Bruno Tshibala en lieu et place de Félix Tshisekedi, coopté par le véritable Rassemblement de l’opposition (Rassop), nous sommes en train de revivre le scénario qui avait plongé jadis le pays dans un chaos indescriptible entre 1992-1997. Et ce, avec raison d’autant plus que de nombreux conseillers de l’ombre de Kabila semblent être ceux-là mêmes qui avaient alimenté jadis l’entêtement de Mobutu jusqu’à sa fuite le 16 mai 1997.
 
En prenant leur courage de prendre position et de dénoncer les déviations politiques de partenaires de l’Accord du 31 décembre 2016, les évêques expriment clairement leur refus de voir se prolonger ad æternam une crise qui aggrave davantage une situation sociale déjà trop précaire pour le petit peuple et dont se moque éperdument les « mercenaires » et "kuluna" au pouvoir.
 
 L’on se trouve ainsi devant deux visions de l’avenir du Congo : d'une part, les évêques qui veulent porter le pays vers un état démocratique et prospère par la mise en œuvre de l’accord de la Cenco et d’autre part, le pouvoir de Kabila qui travaille farouchement pour le statu quo et pour le maintien en poste du président sortant pour une durée indéterminée et ce, dans un cadre extra-constitutionnel.
 
2. Les armes de Kabila pour parvenir à ses fins. 
 
Pour châtier l’audace des évêques à vouloir défendre la vérité historique jugée contreproductive à ses desseins politiques, la majorité présidentielle ne se contente plus  de simples critiques acerbes et des injures faciles. 
 
Kabila a fait de Kinshasa et d'autres villes jugées à haut risque pour son pouvoir, des citées assiégées par des forces militaires et policières et même par des milices étrangères. 
 
Il est devenu si facile d'assimiler la méthode de terreur que les sbires de Kabila ont mise en œuvre depuis quelque temps, en mettant à sac des églises et des couvents religieux catholiques et en commanditant le pillage des séminaires et d’autres maisons de formation ecclésiastique, avec l’objectif clair de déshonorer des personnes consacrées et de déstabiliser l’organisation interne de l’église jugée trop puissante et nuisible à leurs goûts.
 
 Au Kassaï, plus précisément dans les diocèses de Kananga, de Mbuji-Mayi, de Luiza et de Luebo, les membres du clergé tout comme des infrastructures publiques et ecclésiastiques comme les écoles, les hôpitaux et autres, sont devenus des cibles numéro un du pouvoir. A Kinshasa, notamment à Limete et à Ngaliema, ils ont carrément vandalisé des églises et des tabernacles où siège le Roi des rois. 
 
Dans l’entendement des commanditaires de ces sales besognes, cette intimidation pousserait les bergers (évêques) sinon à la retenue du moins au silence et à la peur de parler.
 
Au regard de l’accueil général du travail de facilitation des évêques de la part des masses populaires congolaises et de la reconnaissance par la communauté internationale de l’Accord de la Cenco coulé sous forme de Résolution 2348 du conseil de Sécurité de l’ONU, le pouvoir de Kabila a décidé d’utiliser l’artillerie lourde via une intense activité diplomatique qui, depuis, pousse She Okitundu, le ministre des affaires étrangères, à passer d’un avion à un autre pour aller au bout du monde défendre Kabila et son régime dont la chute politique semble déjà programmée dans les articles l’Accord de la Saint Sylvestre.
 
La dernière visite d’une délégation de la SADC et le récent voyage de Kabila en Égypte et au Gabon s’inscrivent tous dans cette démarche diplomatique consistant à chercher des soutiens régionaux et internationaux à l’échelle africaine.
 
Outre cet instrument diplomatique, le régime utilise son arme légendaire des divisions des congolais des uns des autres, créant confusion et dissension auprès de ce qui reste comme seule référence morale crédible pour les populations congolaises qui se sentent carrément abandonnées par leurs dirigeants politiques.
 
Tenez! Hier lundi 24 avril 2017, nous avons pris connaissance du communiqué officiel lu par le révérend Elebe Kapalay, représentant de l’Église Kimbanguiste et porte-parole des chefs de confessions religieuses de la RDC. Au nom de ses pairs, ce dernier appelait tous les acteurs politiques et sociaux concernés par l’accord de la saint Sylvestre à collaborer avec le premier ministre Bruno Tshibala nommé par le président Joseph Kabila.
 
« Les chefs des confessions religieuses exhortent les acteurs politiques et sociaux, toutes tendances confondues, au dépassement de soi et à se mettre autour de Monsieur Bruno Tshibala Nzenzhe nommé Premier ministre, chef du gouvernement par le chef de l’État, après plusieurs mois d’atermoiements de la classe politique pour former le gouvernement d’union nationale devant rapidement amener le peuple congolais aux élections », a déclaré ce collectif religieux dans un communiqué conjoint.
 
Il faut noter que cette déclaration publique a été signée par tous les représentants des confessions religieuses congolaises, à l’exception de l’église catholique. 
 
En d’autres termes, le pouvoir veut signifier à l’opinion congolaise que la parole de l’église catholique si minorée n’est pas parole d’évangile et que n’étant pas la seule église en RDC, sa position doit être tenue pour négligeable par toutes les autres confessions religieuses et par l'opinion publique congolaise. En langage démocratique, c’est la majorité des confessions religieuses qui a parlé et qui est sensée avoir raison et que dans le cas échéant, le message subliminal consiste à suggérer au peuple congolais de pouvoir bien en tirer les conséquences logiques.
 
En encourageant cette rencontre des confessions religieuses, le pouvoir de Kinshasa vise à isoler la Cenco et à affaiblir son opiniâtreté à défendre la vérité et les acquis de l’accord de la Cenco. En isolant la Cenco, c’est surtout à l’esprit et à la lettre de l’Accord de la Saint Sylvestre que ce pouvoir entend s’attaquer pour lui porter une estocade finale. Toutes les manœuvres dilatoires à son actif s’inscrivent dans la droite ligne d’imposer à la nation entière, une nouvelle base juridique, autre que l’accord de la Cenco, pour s’imposer soi-même comme la seule alternative politique possible.
 
3. La stratégie de la Cenco pour déjouer la perfidie de Kabila.
 
Lorsqu’en septembre 2016, Joseph Kabila avait demandé aux évêques d’assurer la mission de facilitation entre les forces politiques de la RDC, il avait commis une grave erreur d’appréciation entre la force de l’église réunie en collège épiscopal et la faiblesse de l’un ou l’autre évêque isolé avec qui il a pu s’attacher des faveurs ou qu’il a réussi à manipuler de temps en temps à sa guise. Il avait commis la méprise de sous-estimer la corporation des évêques et de croire qu’il les manipulerait aussi facilement qu’il le fait des opérateurs politiques ou des chefs des confessions religieuses dont il a acheté depuis des lustres la conscience et la soumission tacite à ses ordres.
 
En réalité, ce n’est pas pour sortir le pays de la crise qu’il avait fait appel aux évêques. C’est uniquement pour trouver un cadre propice qui l’aiderait à franchir sain et sauf le cap du 19 décembre 2016 qui signait la fin de son mandat et de là se donner une certaine légitimité qui lui était désormais refusée par la Constitution.
 
Les évêques, eux  par contre, appréciaient autrement le rôle leur assigné. En acceptant cette mission de bons offices, ils se concentraient plutôt sur deux objectifs fondamentaux : primo, préserver au peuple congolais le bain de sang qui s’annonçait à l’horizon avec la surmilitarisation de la capitale kinoise et secundo, trouver, via un consensus entre opérateurs politiques, un cadre légal qui porterait le peuple congolais vers des élections présidentielles en décembre 2017, sans plus jamais Joseph Kabila comme candidat.  
 
La signature de l’Accord de la Cenco qui établit la cogestion de la transition entre la majorité présidentielle et l’opposition et l’acceptation officielle par Kabila de ne plus se présenter aux prochaines élections présidentielles est une des grandes victoires politiques à mettre à leur compte. Sur les moyens et longs termes, les évêques sont arrivés à battre sans coup férir, juste avec les armes du droit et de la raison, un Joseph Kabila surarmé, qu'ils entendent descendre de son piédestal sans crépitement d’armes. Ils arrivent tant bien que mal à neutraliser toute son armada militaire, rendant celle-ci obsolète dans le nouvel environnement politique de l’Accord signé le 31 décembre 2016. Ils ont pu par conséquent opposer à la loi de la force, la force de la loi qui jetterait les bases à un Congo démocratique.
 
Et lorsque Joseph Kabila cherchera à reculer par rapport aux engagements pris publiquement, il sera trop tard. Les évêques passeront à la vitesse supérieure en prononçant à l’ONU un discours dans lequel ils affirmeront clairement devant l’opinion internationale qu’en RDC toutes les institutions (présidence de la république, gouvernement, parlement etc.) sont déclarées caduques depuis le 19 décembre 2016 et ne tirent présentement leur légitimité que dans le cadre de l’Accord de la Cenco qui passera quelques jours plus tard sous forme de la Résolution 2348 de l’ONU.
 
Lorsque le secrétaire général de la Cenco, l’abbé Nshole, a tenu vendredi 21 avril 2017 une conférence de presse au cours de laquelle il a lâché cette phrase assassine (« la nomination de Bruno Tshibala constitue une entorse  à l’Accord de la Saint Sylvestre »), l’opinion congolaise était loin de savoir que ce prélat reprenait mot à mot la formule des archevêques et évêques qui venaient d’achever leurs assises extraordinaires sur la crise politique actuelle. Ces derniers venaient de publier un texte musclé avec un intitulé très évocateur « Proclame la Parole de Dieu, insiste à temps et à contretemps, réfute, menace, exhorte avec une patience inlassable et un souci d’instruire » 2 Tm 4, 2
 
Quel est au juste l’objet de leur refus et de leur menace ? D’après leur avis et considération, l’actuel chef du gouvernement a été nommé sans consultation préalable entre le chef de l’État et le chef de la délégation du Rassemblement. Et dans ce contexte, le fait de sortir du compromis convenu entre les parties prenantes serait rien d’autre que violer l’accord de la Saint Sylvestre.
 
Outre cette mise au point on ne peut plus claire sur les racines de la crise politique actuelle, les évêques congolais sont passés au plus concret. Ils ont officiellement lancé la vulgarisation de l’Accord du 31 décembre 2016.
 
Pour ce faire, ils ont remis sur le champ de bataille, la commission épiscopale Justice et Paix pour défendre le contenu de l’Accord de la Saint Sylvestre. Depuis hier lundi 24 jusqu’au jeudi 27 avril prochain, les animateurs de la commission Justice et Paix (CEJP), sous la délégation de la Conférence Épiscopale nationale du Congo, s’emploient à dynamiser le processus d’appropriation nationale de l’Accord politique Global et Inclusif de la Saint Sylvestre 2016.
 
Concrètement, la Cenco via son organe CEJP, a inauguré hier à Kinshasa, une grande rencontre nationale réunissant toutes les commissions diocésaines Justice et Paix disséminées sur tout let territoire national et en même temps tous les noyaux de la Dynamique Femme pour la Paix. L’objectif principal de ces assises, c’est l’appropriation des fondamentaux de l’Accord de la Saint Sylvestre et la mise en œuvre d’une synergie d’actions  dans tous les diocèses tendant à booster toutes les forces vives de la nation vers un sursaut démocratique. 
 
Pour être plus clair, le secrétaire général de la CEJP, le père Clément Makiobo, a exprimé avec insistance, toute la détermination de l’Église Catholique à ne pas se taire face à la violation des droits de l’homme qui a basculé le peuple congolais dans une misère indescriptible. Pour les évêques congolais, la RD Congo n’appartient pas à un groupe d’individus ou à un club d’amis, mais à la nation congolaise tout entière. Ceci dit, la gestion du patrimoine national et les dividendes de cette gestion doivent être l’affaire de toutes les filles et de tous les fils du pays. 
 
L’Église catholique démontre par là jusqu’à quel point elle entend exercer sa mission prophétique envers et contre tout, se décidant à accompagner le peuple congolais dans la mise en œuvre de l’Accord de la Saint Sylvestre, qui est  la seule voie pour porter le peuple vers un état de droit et vers les élections démocratiques. Les évêques présentent pour cela un carton rouge à toute tentative de manipulation de l’Accord pour des intérêts partisans. Ils présentent clairement leur veto à toute tentative de passage en force de la part du pouvoir en place.
 
D’aucuns se demandaient encore il y a quelques semaines en quoi consistait le plan B des évêques congolais. En lisant attentivement les lignes directrices de cette nouvelle dynamique de la commission épiscopale Justice et Paix, on n’a plus besoin d’être très intelligent pour le comprendre et le voir venir...

.. ACCORD POLITIQUE NATIONAL INCLUSIF DU CENTRE INTERDIOCÉSAIN ====================================

SOMMAIRE

Préambule

Chapitre I : Des concepts

Chapitre II : Du respect de la Constitution

Chapitre III : Des Institutions et de leur fonctionnement pendant la période préélectorale et électorale

Chapitre IV : Du processus électoral

Chapitre V : De la décrispation politique

Chapitre VI : Du mécanisme de suivi de l’Accord politique et du Processus Electoral

Chapitre VII : Des dispositions finales

 

PREAMBULE

Nous, participants aux pourparlers de Kinshasa, au Centre interdiocésain de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) et Représentants des Composantes de la Majorité présidentielle, de l’Opposition politique, de la Société civile signataires de l’Accord du 18 octobre 2016 de la Cité de l’Union Africaine, d’une part, et du Rassemblement, du Front pour le Respect de la Constitution et de la Société civile non signataires dudit Accord, d’autre part ; Considérant les divergences au sein de la classe politique ainsi que les risques majeurs de division de la Nation face à la crise politique née de l’impasse du processus électoral dont la régularité et la continuité ont été interrompues ; Prenant conscience de la nécessité de la cohésion nationale pour rétablir la concorde intérieure fondée sur un entendement commun du respect de la Constitution, des lois de la République et des principes démocratiques généralement acceptés ; Attendu que la crise politique actuelle a conduit les parties prenantes au dialogue national à signer l’Accord politique du 18 octobre 2016 pour l’organisation des élections apaisées, crédibles et transparentes en République Démocratique du Congo (RDC) ; Attendu que cet Accord n’a pas connu la participation d’une partie des représentants des partis politiques de l’Opposition et de la Société civile ; Attendu que le Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement (Rassemblement) a déposé à la CENCO le rapport de son conclave du 04 octobre 2016 et un mémo contenant ses positions et propositions en vue de la sortie de la crise actuelle ; Attendu que le Front pour le Respect de la Constitution (FRC) a déposé son document incluant ses points de vue sur la sortie de la crise ; Mus par la volonté de trouver une entente commune basée sur la recherche de plus d’inclusivité en vue du règlement des problèmes politiques causés par le retard dans l’organisation des élections ; Attendu que cette recherche d’inclusivité doit se faire en harmonie avec la Constitution de la RDC, les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité des Nations Unies, notamment la Résolution 2277, l’Accord-Cadre d’Addis-Abeba ainsi que d’autres instruments juridiques nationaux et internationaux pertinents ; Engagés à trouver des solutions durables à la situation politique de l’heure sous la médiation de la CENCO, notamment sous le leadership de son Président et de son Vice-Président ; Prenant nos responsabilités devant Dieu, la Nation congolaise, l’Afrique et le Monde et guidés par le consensus comme mode de prise de décision ; Concluons et arrêtons, en ce jour, ce qui suit :

CHAPITRE I: DES CONCEPTS

Au sens du présent Accord, il faut entendre par : I

.1. Parties prenantes : les signataires et les non signataires de l’Accord du 18 octobre 2016 avec leurs composantes respectives : la Majorité présidentielle, l’Opposition politique, l’Opposition républicaine et la Société civile signataires de l’Accord du 18 octobre d’une part, et le Rassemblement, le Front pour le Respect de la Constitution et la Société civile non-signataires dudit Accord, d’autre part.

I.2 Période préélectorale et électorale : la période de temps qui va de la signature du présent Accord jusqu’à l’installation effective des institutions issues des élections.

CHAPITRE II : DU RESPECT DE LA CONSTITUTION Les différents principes fondamentaux posés par les parties prenantes dans leur entendement du respect de la Constitution peuvent essentiellement se résumer à ce qui suit : II.1. Les parties prenantes s’engagent à respecter la Constitution du 18 février 2006 telle que modifiée en 2011 et les lois de la République, à organiser les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales ainsi que les élections locales en conformité avec ladite Constitution. Nonobstant l’article 5 alinéa 1er qui dispose : « la souveraineté nationale appartient au peuple. Tout pouvoir émane du peuple qui l’exerce directement par voie de référendum ou d’élections et indirectement par ses représentants », elles s’engagent à n’entreprendre ni soutenir aucune initiative de révision et de changement de Constitution.

II.2. En rapport avec la préoccupation sur le troisième mandat pour le Président de la République, Monsieur Joseph KABILA, les parties prenantes actent sa déclaration solennelle faite devant le Parlement réuni en Congrès en date du 15/11/2016 en ces termes : « A tous ceux qui semblent se préoccuper à longueur de journées de mon avenir politique, je tiens à dire, tout en les remerciant, que la RDC est une démocratie constitutionnelle. Toutes les questions pertinentes relatives au sort des institutions et de leurs animateurs sont réglées de manière satisfaisante par la Constitution ». Ainsi, ayant accompli deux mandats, il ne peut donc en briguer un troisième. II.3. Les parties prenantes s’engagent solennellement à respecter les Institutions et les lois de la République, l’Etat de droit, les Droits de l’Homme, les libertés fondamentales collectives et individuelles, la séparation des pouvoirs garantis par la Constitution et le droit d'existence des partis de l’opposition et d'exercice de leurs activités politiques. II.4. Elles renouvellent leur engagement solennel à promouvoir l’indépendance du pouvoir judiciaire, la cohésion nationale, la paix civile et les valeurs démocratiques notamment l’alternance démocratique résultant des élections crédibles, libres, transparentes et apaisées, la solidarité nationale, la tolérance politique, le sens du compromis par le dialogue, l’égalité des droits et des chances, la bonne gouvernance et la redevabilité des dirigeants. II.5. Les parties prenantes s’engagent à exécuter de bonne foi le présent Accord et les recommandations formulées par le Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Electoral.

CHAPITRE III : DES INSTITUTIONS ET DE LEUR FONCTIONNEMENT PENDANT LA PERIODE PREELECTORALE ET ELECTORALE

III.1. Des principes de gouvernance

III.1.1. Dans le cadre de leurs prérogatives constitutionnelles et légales, les missions prioritaires des Institutions nationales et provinciales du pays consistent à :

- assurer la continuité de l’Etat ;

- organiser, dans le délai convenu, les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales, sénatoriales ainsi que des gouverneurs et vice-gouverneurs des provinces.

III.1.2. La durée maximale pour la réalisation des opérations préélectorales et électorales conformément à la séquence convenue est de 12 mois à dater de la signature du présent Accord. III.2. Des Institutions à mandat électif III.2.1. Du Président de la République Les parties prenantes s’engagent à respecter la Constitution du 18 février 2006 telle que révisée en 2011, notamment les dispositions ci-après: - L’article 70 alinéa 1er qui dispose : « le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois ». Il s’ensuit que tout président ayant épuisé le deuxième et dernier mandat ne peut plus en briguer un troisième. - L’article 70 en son alinéa 2 dispose : « A la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu ». Sous la réserve émise par le Front pour le Respect de la Constitution, il s’en suit que, bien qu’étant à la fin de son mandat, le Président de la République restera en fonction jusqu'à l’installation effective de son successeur élu.

III.2.2. De l’Assemblée nationale, du Sénat et des Assemblées provinciales Etant donné, d’une part, que les mandats des députés provinciaux et des sénateurs ont expiré depuis 2012 et, d’autre part, que celui des députés nationaux prend fin en février 2017, les parties prenantes s’accordent, en application des articles 103 alinéa 2, 105 alinéa 2 et 197 alinéa 6 de la Constitution que : a) Les députés nationaux, les sénateurs et les députés provinciaux en exercice restent en fonction jusqu’à l’installation effective des nouvelles assemblées législatives et délibérantes correspondantes issues des prochaines élections à organiser conformément au calendrier convenu. b) L’Assemblée nationale, le Sénat et les Assemblées provinciales auront, selon le cas et outre leurs attributions constitutionnelles classiques, comme agendas législatifs prioritaires le bloc législatif relatif aux élections et les mesures de décrispation politique. c) Les gouverneurs et vice-gouverneurs élus restent en fonction conformément aux dispositions constitutionnelles. III.3. Des Institutions à mandat non électif

III.3.1. En vue d’assurer l’équilibre institutionnel et de garantir à tous un traitement égal durant tout le processus électoral, les parties prenantes conviennent que pendant la période préélectorale et électorale, la gestion des affaires publiques est inclusive au niveau de l’exécutif national.

III.3.2. Le Premier Ministre exerce la plénitude des prérogatives lui dévolues par la Constitution en tant que Chef du gouvernement.

III.3.3. Le Gouvernement de la République est dirigé par le Premier Ministre présenté par l’Opposition politique non signataire de l’Accord du 18 octobre 2016/Rassemblement et nommé par le Président de la République conformément à l’article 78 de la Constitution.

III.3.4. Les modalités pratiques de la mise en œuvre des principes énoncés ci-dessus sont déterminées par un arrangement particulier conclu entre les parties prenantes et faisant partie intégrante du présent Accord.

III.3.5. Les parties prenantes conviennent d’assigner au Gouvernement de la République, à l’instar des Institutions àmandat électif, la mission prioritaire d’œuvrer pour l’organisation des élections crédibles, transparentes et apaisées dans le délai convenu au point III.1.2 ci-dessus.

 

CHAPITRE IV : DU PROCESSUS ELECTORAL

IV.1. Les parties prenantes s’accordent pour une refonte totale du fichier électoral et l’évaluation, au moins une fois tous les deux mois, de l’opération d’enrôlement des électeurs en cours.

IV.2. Les parties prenantes conviennent de l’organisation des élections en une seule séquence présidentielle, législatives nationales et provinciales au plus tard en décembre 2017. Toutefois, le Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Electoral, le Gouvernement et la CENI peuvent unanimement apprécier le temps nécessaire pour le parachèvement desdites élections.

IV.3. Les parties prenantes s’accordent que la CENI tiendra dûment informés l’Assemblée Nationale et le Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Electoral ainsi que les autres parties prenantes au processus électoral du chronogramme qui prendra en compte les opérations préélectorales et électorales ci-après :

- Fin de la constitution du fichier électoral consolidé ;

- Adoption de la loi sur la répartition des sièges par circonscription électorale et de la loi électorale ainsi que leur promulgation par le Chef de l’Etat ;

- Convocation des scrutins par la CENI ; - Election en une seule séquence des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales ;

- Prestation de serment et installation du nouveau Président de la République élu ;

- Elections sénatoriales, des gouverneurs et vice-gouverneurs des provinces. Les élections locales, municipales et urbaines seront organisées en 2018. Les parties prenantes demandent ainsi à la CENI et au Gouvernement de la République de prendre toutes les dispositions requises, à cet effet.

IV.4. Au sujet du financement des élections et sans porter préjudice aux articles 6 et 52 de la loi organique de la CENI, les parties prenantes :  recommandent au Gouvernement :

- de mobiliser les ressources internes et externes nécessaires pour le budget des élections et de respecter scrupuleusement le plan de décaissement convenu avec la CENI, conformément au plan de mise en œuvre opérationnel ;

- de constituer une provision trimestrielle au profit de la CENI conformément à son plan de décaissement pour financer l’ensemble du processus électoral, en ce compris la sécurisation du processus ;

- de fournir la totalité des ressources nécessaires pour financer les élections ;

- d’explorer les voies et moyens de rationalisation du système électoral pour réduire les coûts excessifs des élections.  encouragent la Communauté internationale à accompagner et à assister la CENI par les moyens logistiques, financiers et techniques pour une bonne réalisation des opérations électorales.

 exhortent le Parlement à exercer trimestriellement le contrôle sur l’utilisation des ressources budgétaires mises à la disposition de la CENI.

 exigent de diligenter un audit externe sur la gestion de la CENI.

 exigent de la CENI la transparence dans la passation des marchés et l’encouragent à produire un budget rationnel pour l’ensemble des opérations préélectorales, électorales et postélectorales conformément à l’option levée et assorti d’un plan de mise en œuvre opérationnel crédible et réaliste.

 invitent le Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Electoral (CNSA) à s’acquitter convenablement de ses tâches et à réaliser des évaluations régulières avec la CENI et le Gouvernement du processus électoral.

 

IV.5. En vue d’assurer l’indépendance et l’impartialité de la CENI et de regagner la confiance de tous les compétiteurs électoraux, les parties prenantes conviennent que :

a) La CENI doit être redynamisée dans les plus brefs délais. A cet effet, les parties prenantes chargent le Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Electoral de recommander tous les ajustements et mesures à prendre tant en ce qui concerne les structures organiques que le fonctionnement de la CENI, d’une part, et les mécanismes appropriés à mettre en place en vue notamment de renforcer ses capacités et la transparence des opérations préélectorales et électorales, d’autre part ;

b) La Majorité présidentielle, l’Opposition politique et la Société civile dont sont issus les membres actuels de la CENI et qui le désirent, sont libres de procéder, dans le délai de 14 jours à dater de la signature du présent Accord, au remplacement de leurs délégués conformément à la loi en la matière. Les membres concernés déposent leurs démissions aussitôt que la demande leur est faite par leurs composantes d’origine.

IV.6. Les parties prenantes actent la fin légale du mandat des membres actuels du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC). Elles s’accordent sur la désignation, dans un délai de quatorze (14) jours à compter de la signature du présent Accord, de ses nouveaux membres dans le respect de l’inclusivité et conformément à la loi organique portant son organisation et son fonctionnement.

IV.7. Concernant le dispositif de la sécurisation du processus électoral et suite à un diagnostic général et approfondi des principaux enjeux et défis de la sécurisation du processus, les parties préconisent les principales mesures suivantes : 1. Pour le Gouvernement :

a) Mettre à jour le Décret N° 05/026 du 6 mai 2005 portant Plan opérationnel de sécurisation du processus électoral et doter le Comité de pilotage des moyens conséquents pour mieux remplir sa mission ;

b) Veiller au caractère apolitique de l’administration publique, de la Police nationale et des services de sécurité.

2. Pour la CENI : a) Renforcer la sensibilisation de la population sur le processus électoral et les enjeux électoraux avec les parties prenantes au processus électoral tant au niveau national, provincial que local ;

b) Sensibiliser les Congolais de l’étranger sur le processus électoral ;

c) Augmenter les effectifs des agents électoraux et les former en veillant à promouvoir la représentativité des femmes et des jeunes ;

d) Doter les agents impliqués dans la sécurisation des élections des moyens adéquats et suffisants ;

e) Augmenter le nombre des bureaux d’enrôlement et de vote et les rapprocher au maximum de la population de façon équitable ;

f) Sécuriser la circulation des bulletins de vote et tout matériel électoral sensible ;

g) Inciter et aider, dans la mesure du possible, les partis politiques et les candidats indépendants à bien former leurs témoins commis aux bureaux de vote ;

h) Veiller à ce que les primes des agents de la CENI leur soient versées à temps et leur faire signer un acte d’engagement ;

i) Impliquer l’autorité coutumière et les confessions religieuses dans les efforts de sensibilisation des communautés aux opérations d’enrôlement et de vote ;

j) Impliquer les ambassades et les responsables des communautés congolaises organisées dans les efforts de sensibilisation et les opérations d’identification, d’enrôlement et de vote ;

k) Prendre en compte les besoins spécifiques des groupes vulnérables, notamment les personnes à mobilité réduite, les non-voyants, les albinos, les personnes de troisième âge et les femmes enceintes, au moment de l’enrôlement et du vote en leur accordant une priorité d’accès ;

l) Permettre aux non-voyants de se faire accompagner d’un guide de confiance afin de les aider à voter pour les candidats de leur choix ;

m) Respecter la vérité des urnes en publiant les résultats conformément au vote des électeurs.

3. Pour les partis politiques :

a) Former les militants en matière électorale et les sensibiliser sur le civisme ;

b) Signer et respecter le Code de bonne conduite ;

c) S’engager à respecter les résultats des urnes et à faire preuve de la courtoisie électorale ;

d) Veiller à la représentation effective des femmes et des jeunes sur les listes des candidats.

 

4. Pour l’Autorité coutumière et les confessions religieuses :

a) S’impliquer dans la sensibilisation de la population sur le processus électoral tout en veillant au caractère apolitique et impartial lié à leur statut ;

b) Appuyer la CENI, le cas échéant, dans l’identification des personnes au moment de l’enrôlement ; c) Promouvoir la cohabitation intercommunautaire pacifique. 5. Pour la MONUSCO :

a) Soutenir le Gouvernement dans le renforcement des capacités des éléments formés pour la sécurisation des élections ;

b) Assister la CENI par les moyens logistiques et techniques pour le bon accomplissement des opérations électorales ;

c) Veiller à la mise en œuvre des autres dispositions pertinentes de la Résolution 2277 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

6. Pour le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) :

a) Assurer l’égalité d’accès aux médias publics à toutes les parties prenantes ;

b) Garantir la liberté d’expression ;

c) Veiller au respect, par les journalistes, y compris les correspondants de la presse étrangère œuvrant en République Démocratique du Congo, de la déontologie et de l’éthique de leur métier ;

d) Appliquer la loi relative à la presse.

 

7. Pour la Société civile :

a) Demeurer apolitique ;

b) Soutenir le consensus pour les élections apaisées, crédibles et transparentes ;

c) Promouvoir l’éducation à la paix et à la non-violence ;

d) Préparer la population par la conscientisation et la sensibilisation aux enjeux électoraux ;

e) Vulgariser les textes légaux et le code de bonne conduite ;

f) Assurer l’observation des élections et en rendre compte avec impartialité ;

g) Formuler des analyses objectives sur toutes les questions électorales.

 

IV.8. Concernant la sécurisation des personnes et des biens

IV.8.1. Constats Les parties constatent que plusieurs menaces pèsent sur la sécurité des citoyens à travers le pays et sont à même d’affecter négativement leurs capacités d’exercer leurs droits électoraux. Ces menaces comprennent entre autres :

a) la problématique des groupes armés locaux et étrangers ;

b) la prolifération et la circulation incontrôlées des armes à feu ;

c) la persistance de la criminalité et du grand banditisme urbain ;

d) les agissements de certains éléments incontrôlés des forces de sécurité nationale ;

e) la problématique des jeunes désœuvrés et délinquants ;

f) les conflits liés aux limites des parcs et réserves naturelles entre l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) et les populations riveraines ;

g) la problématique des questions humanitaires, notamment la question de gestion des déplacés internes ;

h) la criminalité économique, y compris l’exploitation illicite des ressources naturelles et le blanchiment d’argent, favorisée par le trafic d’armes dans les zones concernées ;

i) le déficit de l’autorité de l’Etat ;

j) la porosité des frontières ;

k) la mauvaise gestion de la question migratoire ;

l) la méfiance intercommunautaire, avec pour corollaire des conflits intercommunautaires dans plusieurs provinces du pays.

IV.8.2. Recommandations Pour remédier à ces problèmes et assurer la sécurité des citoyens, les parties encouragent la prise des mesures appropriées suivantes :

a) Neutraliser les groupes armés tant nationaux qu’étrangers qui sévissent en RDC ;

b) Récupérer les armes détenues par des personnes non-habilitées ;

c) Mettre en place des numéros verts et des centres d’alerte pour dénoncer l’insécurité pendant le processus électoral ;

d) Veiller à ce que les frontières du pays soient davantage sécurisées au moment des élections ;

e) Redynamiser et accélérer les programmes DDR ;

f) Recruter de nouveaux policiers pour renforcer les effectifs existants et assurer une bonne sécurisation des bureaux de vote ;

g) Assurer la présence effective de l’administration publique sur toute l’étendue du territoire national ; h) Prendre les mesures idoines pour assurer la non politisation des agents de l’administration publique ;

i) Prendre les dispositions nécessaires pour la sécurisation des candidats durant toute la période du processus électoral ;

j) Identifier les déplacés internes et les retourner dans leurs lieux d’origine préalablement sécurisés ;

k) Créer des emplois pour les jeunes afin de les soustraire de l’enrôlement des groupes armés et de l’instrumentalisation par certains responsables politiques ;

l) Accorder une attention particulière aux filles, aux femmes victimes et aux enfants victimes des violences, y compris les violences sexuelles, et prendre les mesures préventives et punitives nécessaires à cet égard ;

m) Renforcer la collaboration entre la MONUSCO et les Forces de Sécurité nationale en vue d’assurer la sécurité et la protection des personnes ;

n) Déplacer les camps des réfugiés à plus de 150 kilomètres des frontières ;

o) Améliorer les conditions socioprofessionnelles du personnel des services de Sécurité et de Défense ;

p) Elaborer un plan spécial de sécurisation de l’Est et du Nord du pays particulièrement là où les populations sont victimes d’enlèvements et des tueries à répétitions ;

q) Identifier les étrangers en situation irrégulière se trouvant sur le sol congolais et prendre des mesures urgentes pour empêcher leur influence sur la sécurité des personnes et des biens, en général, et du processus électoral, en particulier.

IV.9. Les parties prenantes conviennent en outre de mettre en place une plate-forme d’alerte et de traitement des défis sécuritaires notamment en ce qui concerne les violations des Droits humains et des libertés fondamentales lors des campagnes électorales.

CHAPITRE V : DE LA DECRISPATION POLITIQUE

V.1. Les parties prenantes au présent Accord prennent acte de la mise sur pied effective d’une Commission de Hauts Magistrats pour un examen minutieux, au cas par cas, des dossiers des prisonniers politiques et d’opinion, des bénéficiaires de la dernière loi d’amnistie mais qui ne sont pas encore libérés, des exilés et réfugiés politiques repris dans la liste en annexe. Les parties prenantes ont pris acte avec satisfaction que les cas de Messieurs Antipas MBUSA NYAMWISI, Roger LUMBALA, Floribert ANZULUNI et Moïse MONI DELA ont déjà été traités par la susdite Commission, laquelle a déjà décidé de l’arrêt des poursuites pour les trois premiers et de la libération pour le dernier. Les parties prenantes demandent à la Commission de Hauts Magistrats de prendre au bénéfice de Messieurs BAGAYAMUKWE et MBONEKUBE une mesure de libération pure et simple pour autant qu’ils soient déjà bénéficiaires d’une loi d’amnistie. En ce qui concerne le cas de Monsieur Eugène DIOMI NDONGALA, les parties prenantes demandent à la CENCO de prendre des initiatives en vue d’une solution appropriée et satisfaisante. Dans l’intérêt supérieur de la Nation, les parties prenantes, à l’exception de la Majorité présidentielle, chargent la CENCO de poursuivre ses bons offices auprès de toutes les autorités concernées pour le suivi et la résolution effective des cas emblématiques restants, à savoir : Messieurs Moïse KATUMBI CHAPWE et Jean-Claude MUYAMBO afin qu’ils recouvrent leur liberté. Ainsi, les parties prenantes demandent à la Commission de Hauts Magistrats de se dessaisir de ces deux cas. Aux cas emblématiques s’ajoutent les personnalités politiques poursuivies à la suite des manifestations du 19 septembre 2016 ainsi que les jeunes de LUCHA et FILIMBI arrêtés le jour de l’ouverture des travaux sous l’égide de la CENCO et tous ceux qui ont été arrêtés et/ou poursuivis à travers le territoire national au cours des évènements des 19 et 20 septembre et ceux des 19 et 20 décembre 2016.

Les parties prenantes conviennent de l’arrêt des poursuites judiciaires injustifiées dues aux tracasseries fiscales à l’encontre de certains membres de l’Opposition. Les parties prenantes conviennent que le gouvernement de la République issu du présent Accord poursuivra sans délai les mesures de décrispation politique et entreprendra concomitamment les démarches auprès des Etats et Organisations Internationales concernés en vue d’obtenir la levée des sanctions prises à l’encontre de certains compatriotes.

V.2. Le Ministre ayant dans ses attributions les médias veillera à rétablir, dans les 15 jours qui suivent la signature du présent Accord, le signal des entreprises audiovisuelles fermées ou interdites par mesure conservatoire ou pour non-conformité à la loi.

V.3. Les parties prenantes s’accordent à garantir l’égalité d’accès aux médias publics à tous les courants politiques notamment par la fixation, en collaboration avec le CSAC, d’un temps d’antenne règlementaire et de l’instauration du droit de réplique au Gouvernement dans la grille des programmes de ces médias, conformément à l’article 14 de la loi portant statut de l’Opposition en République Démocratique du Congo.

V.4. Les parties prenantes demandent au Ministère ayant l’intérieur et la sécurité publique dans ses attributions de s’abstenir de se mêler de quelque manière que ce soit ou d’arbitrer les conflits internes des partis politiques qui relèvent des cours et tribunaux, d’une part, et d’instruire les autorités territoriales d’éviter toutes les entraves aux activités des organisations politiques (partis politiques et plateformes) dans leurs juridictions respectives, d’autre part.

V.5. Les parties prenantes demandent au Ministre de l’Intérieur de rapporter son arrêté N° 19/2015 du 11 mars 2015 enregistrant un parti politique qui porte la dénomination du Mouvement de Libération du Congo Libéral (MLC/L).

V.6. Les parties prenantes demandent également au Ministre de l’Intérieur de rapporter son arrêté N° 25/CAB/VPM/MININTER SEC/EB/001/2016 du 23 janvier 2016 enregistrant un parti politique qui porte la dénomination du Mouvement Social pour le Renouveau (MSR) comme parti politique.

V.7. Dans le cadre du renforcement de l’unité et de la solidarité nationales, les parties prenantes demandent au Gouvernement de la République d’examiner la possibilité d’octroyer une assistance forfaitaire et égale aux victimes des évènements sanglants des 19 et 20 septembre et des 19 et 20 décembre 2016 ainsi qu’aux partis politiques dont les sièges ont été incendiés à ces occasions.

V.8. Les parties prenantes s’engagent à poser tout autre geste nécessaire à la restauration de la confiance au sein de la Nation congolaise et entre elles, à conjuguer ensemble tous leurs efforts en vue du maintien de la paix et du renforcement de la concorde nationale ainsi qu’à bannir tout comportement et propos incompatibles avec la paix.

V.9. Concernant le dédoublement des partis politiques, les parties prenantes conviennent que les formations politiques qui en ont fait l’objet, soient rétablies dans leur situation d’avant ce dédoublement.

 

CHAPITRE VI : DU MÉCANISME DE SUIVI DE L’ACCORD POLITIQUE ET DU PROCESSUS ÉLECTORAL

VI.1. Principe sur la nature de la Structure Les parties prenantes conviennent, conformément à l’article 222 alinéa 3 de la Constitution, de mettre en place une Institution d'appui à la démocratie chargée du suivi de la mise en œuvre de l’Accord conclu entre elles. En attendant l’adoption en procédure d’urgence de la loi organique, cette Structure est mise sur pied et fonctionne sur la base du présent Accord.

VI.2. De la Structure chargée du suivi et de la mise en œuvre de l’Accord

VI.2.1. Dénomination Les parties prenantes s'accordent pour appeler cette Structure d'appui à la démocratie « Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Electoral (CNSA) ».

VI.2.2. Composition Les parties prenantes s’accordent sur le nombre de 28 membres pour constituer le Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Electoral, y compris la CENCO. La structure comprend 28 membres issus des parties prenantes. Elle a deux organes : une plénière et un bureau. Ce dernier aura un Président, trois Vice-Présidents, un Rapporteur et un Questeur. Le CNSA sera présidé par le Président du Conseil des Sages du Rassemblement.

VI.2.3. Attributions Les parties prenantes s’accordent que le CNSA aura pour mission de veiller au respect de l’Accord politique par tous les animateurs des Institutions et d’assurer le suivi ainsi que l’évaluation de sa mise en œuvre en vue de garantir l’organisation des élections crédibles, transparentes et apaisées. A cet effet, il devra :

1. Assurer le suivi du chronogramme de mise en œuvre de l’Accord ;

2. Réaliser des évaluations régulières du processus électoral, au moins une fois tous les deux mois, avec la CENI et le Gouvernement; 3. Communiquer régulièrement sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de l’Accord ;

4. Formuler des recommandations respectivement au Parlement, au Gouvernement et à la CENI pour la bonne exécution de l’Accord;

5. Assurer le règlement d’éventuelles divergences nées de l’interprétation de l’Accord entre les parties prenantes et concilier leurs points de vue à cet égard ;

6. Se concerter avec le Gouvernement et la CENI afin d’harmoniser les vues quant à la réussite du processus électoral ; 7. Elaborer son Règlement Intérieur sous réserve de sa conformité à la Constitution ;

8. Apprécier consensuellement le temps nécessaire pour le parachèvement desdites élections avec le Gouvernement et la CENI. Une loi organique sera adoptée par le Parlement en vue d’institutionnaliser le Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Electoral.

 

CHAPITRE VII : DES DISPOSITIONS FINALES

VII.1. DE LA FORME DE L’ACCORD Les parties prenantes conviennent d'appeler ce compromis : « Accord Politique global et Inclusif du Centre Interdiocésain de Kinshasa ».

VII.2. DE L’ENTREE EN VIGUEUR Le présent Accord politique global et inclusif entre en vigueur à la date de sa signature par les parties prenantes. Fait à Kinshasa, au Centre Interdiocésain, ce samedi 31 décembre 2016 POUR LA MEDIATION, Le Vice-Président de la CENCO Le Président de la CENCO  Fridolin AMBONGO  Marcel UTEMBI TAPA Archevêque de Mbandaka Archevêque de Kisangani LES SIGNATAIRES I. PARTICIPANTS SIGNATAIRES DE L’ACCORD POLITIQUE DU 18 OCTOBRE 2016

1. Majorité Présidentielle

01. Monsieur Alexis THAMBWE-MWAMBA

02. Monsieur Emmanuel RAMAZANI SHADARI

03. Monsieur Adolphe LUMANU MULENDA BWANA N’SEFU

04. Monsieur Martin KABWELULU

05. Monsieur Lambert MENDE OMALANGA

06. Monsieur Norbert NKULU MITUMBA KILOMBO

 

2. Opposition Républicaine

01. Monsieur Michel BONGONGO IKOLI NDOMBO

 

3. Opposition Politique

01. Monsieur Vital KAMERHE

02. Monsieur Florentin MOKONDA BONZA

03. Monsieur Azarias RUBERWA MANYWA

04. Monsieur Jean Lucien BUSSA

05. Monsieur José MAKILA SUMANDA

06. Monsieur Stève MBIKAYI MABULUKI

 

4. Société Civile

01. Madame Marie-Madeleine KALALA NGOY MONGI

02. Monseigneur Jean-Luc KUYE-NDONDO

03. Madame Magguy KIALA BOLENGA

 

II. PARTICIPANTS NON SIGNATAIRES DE L’ACCORD POLITIQUE DU 18 OCTOBRE 2016 1. Rassemblement des Forces Politiques et Sociales

01. Monsieur Félix TSHISEKEDI TSHILOMBO

02. Monsieur Valentin MUBAKE NOMBI

03. Monsieur Christophe LUTUNDULA APALA

04. Monsieur Gilbert KANKONDE NKASHAMA

05. Monsieur Jean-Marc KABUND-A-KABUND

06. Monsieur Joseph OLENGHANKOY MUKUNDJI

07. Monsieur Martin FAYULU MADIDI

08. Monsieur Delly SESANGA HIPUNGU

09. Monsieur Didier MOLISHO SADI

10. Monsieur Jean-Pierre LISANGA BONGANGA

11. Monsieur Olivier KAMITATU ETSU

2. Front pour le Respect de la Constitution

01. Madame Eve BAZAIBA MASUDI

02. Monsieur Jacques LUNGUANA MATUMONA

03. Monsieur Alexis LENGA WALENGA

 

3. Société Civile

01. Monsieur Georges KAPIAMBA KAPIAMBA

02. Monsieur NGOY MUTAMBA

La Francafrique, C’est l’ensemble des relations personnelles, des mécanismes politiques, économiques, militaires et culturels qui permettent à la France de piller en toute tranquillité ses anciennes colonies africaines, ainsi qu’un certain nombre d’autres pays africains.

D’où vient ce terme Francafrique ?

Le terme Francafrique a été créé par le président ivoirien Félix Houphouët Boigny, en réponse au terme Eurafrique de Léopold Sédar Senghor. Leopold Sedar Senghor et Felix Houphouet Boigny étaient tout deux parmis les « bons élèves » de la France.

Comment –a-t’elle été créé ?

Avant tout chose il faut d’abord savoir comment est née la colonisation. La colonisation avait pour but de continuer l’exploitation des ressources minières et humaines du continent africain, au profit de l’Europe et de l’occident.

L’abolition de l’esclavage ayant été la conséquence de nombreuses révoltes et pressions faites par les esclaves pour se libérer (voir notre article sur les conditions de l’abolition de l’esclavage), les occidentaux ne voulaient plus revivre les périodes douloureuses des révoltes d’esclaves ou ils ont eu beaucoup de dommages, de dégâts, de pertes en vies humaines et en bien matériels.

Avec aussi la naissance des machines, ils ne voulaient donc plus dépenser de l’argent pour faire de longs voyages en mer, capturer des gens libres en Afrique pour venir les réduire en esclavage.

Ils ont donc préféré venir en Afrique s’installer (les colons) pour exploiter les ressources du continent sur place pour leur profit personnels et celui des pays qui les envoyaient.

Pour ce faire il fallait installer les conditions de l’esclavage qu’ils appliquaient aux Antilles et au Caraïbes, sur place, en Afrique. Ce nouvel esclavage, c’est cela qui a été transformé par le terme « travail forcé », etc.

Dans les Photos prises durant la colonisation en Afrique on y voit des gens toujours avec des chaines au cou comme au temps de l’esclavage. Comme quoi le nom change (« esclavage », puis après, « travail forcé », etc,) mais le système demeure.

Dans le cadre français, durant la décolonisation (qui s’est faite sous les pressions constantes des mouvements indépendantistes et anticolonialistes, et non à cause de l’humanisme ou de la gentillesse du colon) le Général de Gaulle conscient des profits colossaux en terme de richesse, de puissance, etc… que l’exploitation de l’Afrique rapportait à la France depuis les époques de l’esclavage, était face à cette équation :

comment accorder l’indépendance, donc la liberté et l’autonomie à tous les niveaux aux africains, tout en gardant et en maintenant tous nos profits colossaux tirés des colonies ?

Comment donner l’indépendance tout en maintenant le business colonial qui a tant enrichi la France et qui constitue une partie du rayonnement français dans le monde ?

C’est en vue de résoudre cette équation que le système de la Francafrique est né.

La France l’a mis en place pour les besoins de ses multinationales et pour continuer à se garantir à elle-même l’accès aux matières premières stratégiques du continent, tout ceci pour garantir la richesse économique de la France.

L’exploitation de l’Afrique ayant au fil du temps, permis à la France (comme a plein d’autres pays occidentaux) de s’enrichir, et aussi de financer ses partis politiques (en détournant les matières premières) et d’avoir le statut de puissance mondiale, la Francafrique a été mise en place pour continuer à garantir à la France tout cela, ainsi son statut de puissance mondiale.

Un organisme fut créé au niveau du pouvoir français, afin de gérer ce business entre la France et ses colonies) de manière sécrète (c’est-à-dire hors de la politique officielle de la France). C’est la Cellule africaine de l’Elysée (L’Elysée est le nom du palais présidentiel français).

Cette institution fut mise en place et dirigée par Jacques Foccart (bras droit du Général De Gaulle) sous les consignes du Général De Gaulle, au départ et pendant longtemps. Jacques Foccart et Charles de Gaulle, les premiers artisans du concept de pillage de l’Afrique auquel Felix Houphouët Boigny donnera le nom de « Francafrique ».

Le deal fait par de Gaulle avec les africains était schématiquement celui-ci : vous serez indépendants, mais en échange de l’indépendance vous devez :

-Fournir à votre « ancien colon » les matières premières stratégiques et les ressources minières, végétales (ex : le bois), etc. dont il a besoin et faire la plupart de vos business commerce et échanges commerciaux avec lui (le colon comme partenaire privilégié dans les échanges commerciaux). C’est le volet commercial de ces accords.

-Garder comme monnaie le Franc CFA qui signifie Franc des Colonies Françaises d’Afrique de même que la zone Franc, et les Banques centrales (BCEAO, BEAC, etc…) C’est le volet économique de ces accords.

-Maintenir la langue française comme langue officielle de vos Etats, avec des systèmes comme la Francophonie, les centres culturels français, l’éducation nationale la formation et les programmes d’études en langue française, etc… C’est le volet culturel de ces accords.

En échange votre ancien colon vous «protègera» et vous «défendra», en un mot, «veillera» a votre «sécurité» si vous êtes attaqués par d’autres pays. C’est le volet militaire de ces accords avec les accords de défense, les bases militaires en Afrique, etc.… ce sont ces accords qui entrainent parfois les interventions militaires françaises en Afrique.

En échange votre ancien colon vous «aidera» aussi à vous développer (poursuite du mensonge de la mission civilisatrice), vous «aidera» économiquement dans le cadre des prêts économiques (d’où le système de la dette), ou les «aides au développement» , etc…

C’est tout ceci, tout cet ensemble, qu’on appelle communément jusqu’à aujourd’hui les accords de la Francafrique ou les «accords de coopération» ou de «Co développement» entre les pays africains et leur ancien colon.

La Francafrique possède donc un volet économique, un volet militaire, un volet culturel, etc…

La plupart de ceux qu’on nous a présentés comme les «pères fondateurs des indépendances» (exemple Les Léon, Mba, Houphouët Boigny, etc..), étaient des gens qui ont cru a ce deal proposé par De Gaulle à l’époque, et qui étaient aussi des aliénés acquis à la cause du colon et l’idée de la «mission civilisatrice» de l’occident. Ils étaient donc d’accord pour signer ces accords, car ils pensaient que les occidentaux (ici les français) allaient vraiment aider l’Afrique.

Ce sont donc eux qui par ignorance ou aliénation, ont autorisé et entériné le pillage officiel de l’Afrique que tous les africains dénoncent en parlant de Francafrique.

Ce sont eux qui ont torpillé les personnages comme Thomas Sankara, Cheikh Anta Diop, Nkrumah etc… On voit quelques-uns des soit disant « pères fondateurs » des indépendances en Afrique francophone (Houphouët Boigny, Hubert Maga, etc..), en bons élèves tous rassemblés autour du « maitre d’école » De Gaulle à L’Élysée (palais présidentiel) en France, pour une « photo de classe. »

Voilà un exemple de ceux qui volontairement ou involontairement, on trahi l’Afrique en pactisant secrètement avec les occidentaux (ici les français) dans le dos des africains sans que ceux-ci ne sachent. Certains parmi ces «pères des indépendances», ne voulaient même pas véritablement l’indépendance, mais préféraient que leurs pays restent sous tutelle française.

C’est le cas par exemple du premier président ivoirien, Félix Houphouët Boigny, qui au troisième congrès interterritorial du RDA qui s’est tenu en septembre 1957 à Bamako s’exprimait au nom de la future Cote d’Ivoire en ces termes : «Pour la première fois dans l’histoire, des peuples anciennement colonisés ont choisi de renoncer volontairement à l’indépendance totale et d’opter pour la Communauté Franco-africaine. Édifier la Communauté Franco-africaine, ce sera gagner le pari du siècle.».

Donc Houphouët Boigny entrant (et faisant entrer avec lui son pays) dans le système de Francafrique, voulait d’après ses propres termes «renoncer volontairement à l’indépendance». Eh ben vous pouvez voir par vous-même quelles étaient donc les genres de mentalités des soit disant «pères fondateurs» des pays africains francophones et comprendre alors pourquoi les pays africains francophones sont dans cet état aujourd’hui. Donc le système de la Francafrique a été entériné entre les pays africains et la France par le biais de nos prétendus «pères fondateurs» et du Général de Gaulle.

La suite on la connait : -Les présidents africains sont devenus (volontairement ou involontairement) des pions de ce business anciennement mis en place entre la France et les pères fondateurs, donc soit ils coopèrent (c’est-à-dire soit ils servent les intérêts français stipulés dans les accords) et du coup ils sont protégés par la France qui trafique les élections (lorsque celles-ci sont défavorables pour leur pion) par le biais des observateurs internationaux, ce qui permet aux présidents africains pions de l’occident de rester au pouvoir jusqu’à la mort (sans être traités de dictateurs) , soit ils refusent la coopération et subissent des guerres de rebellions ou des coups d’Etat (ex Sankara). Et leurs pays sont utilisés par la France pour déstabiliser d’autres pays (Ex le territoire du Burkina été utilisé pour déstabiliser la cote d’ivoire, etc…)

Donc l’Afrique francophone n’a aucune souveraineté politique réelle. Les temps changent mais le système continue. Quelques années plus tard quelques-uns des bons élèves de la Francafrique toujours rassemblés autour du « maitre d’école » Chirac pour la traditionnelle « photo de classe » Francafricaine.

-Les économies africaines des pays francophones sont crucifiées par le pillage des ressources faites par les entreprises françaises, et étranglées par le Franc CFA (Monnaie contrôlée encore jusqu’à aujourd’hui par le trésor français) occasionnant ainsi les problèmes de pauvreté que l’Afrique connait (alors qu’elle détient pourtant beaucoup de richesses). Un économiste africain, Nicolas Agbohou, a bien expliqués les mécanismes de la mise a mort des économies africaines par le biais du CFA à travers son ouvrage intitulé : Le Franc CFA et l’Euro Contre l’Afrique. Donc les pays sous le joug de la Francafrique (Cote d’ivoire, etc..) n’ont aucune souveraineté économique ou monétaire réelle. Le Franc CFA, monnaie fabriquée en France, que le trésor français utilise pour torturer les économies des pays africains francophones.

-Les bases militaires en Afrique loin de leur objectif de départ sont devenues des endroits qui permettent de contrôler et de surveiller militairement les pays africains, leurs armées officielles, leurs ressources stratégiques et leurs gouvernements, pour le compte de l’Etat français, au point même d’intervenir militairement (interventions militaires officiellement humanitaires) pour protéger ce qui est communément appelé les intérêts français en Afrique ( cela dit pourquoi il n’y a jamais d’intérêts africains en France par exemple ?) .

Donc les pays sous le joug de la Francafrique n’ont aucune souveraineté militaire réelle.

Raison pour laquelle les états africains sont attaqués tout le temps par des rebellions sans que ceux-ci ne puissent réagir, raison pour laquelle la France intervient militairement quand elle veut et comme elle veut en Afrique francophone. Soldats Français dans le port d’Abidjan en Côte d’Ivoire au plus fort de la crise politique qui a vu le président Gbagbo perdre le pouvoir et se retrouver à la CPI (Cour Pénale Internationale).

Les soldats francais prétendaient être venus en Côte d’Ivoire simplement pour sécuriser les ressortissants français durant cette crise. Mais on les voit avec leurs chars dans le port d’Abidjan, en train de « sécuriser » le port et surtout les marchandises et business contenues dans les conteneurs. Les conteneurs et leurs marchandises étaient-ils donc devenus des ressortissants français eux aussi pour les soldats français se retrouvent dans le port d’Abidjan durant la crise en Côte d’ivoire pour les sécuriser? Comme on peut le voir, l’armée française sous couvert de ses multiples interventions militaires « humanitaires » pactise (pour le compte de la France) avec des rebelles , soutient des rebellions pour déstabiliser les pays africains qui sont dans sa ligne de mire. Donc les pays africains en raison de la Francafrique, n’ont pas de souveraineté économique (ils ne peuvent rien faire véritablement en termes d’économie), pas de souveraineté politique (ils ne peuvent pas véritablement choisir leurs dirigeants), pas de souveraineté militaire (ils ne peuvent ni se protéger ni se défendre efficacement en cas d’attaques) et ils se prétendent indépendants ou ils prétendent vouloir s’enrichir ou se développer de cette manière!!!!!!!!!!

On comprend donc que les présidents africains sont pied et poings liés par ce système.

Voilà pourquoi ils ne peuvent rien faire pour leurs pays.

Voilà pourquoi les noirs francophones ne peuvent rien attendre d’eux et des gouvernements des pays francophones.

On comprend aussi qu’en mettant tous ces systèmes en place, les occidentaux font du mal à l’Afrique mais au fond dans leur esprit ils ne font que travailler pour leurs profits et pour renforcer leur impérialisme ainsi que la puissance et la prospérité de leur pays.

Et si apporter la prospérité à leurs pays en occident passe pour eux par détruire l’Afrique ou la faire souffrir pour leurs intérêts, eh bien les occidentaux sont prêts à le faire.

Les africains doivent donc eux aussi se mettre en action et travailler pour leur continent.

Puisque l’Afrique n’a rien attendre de ces présidents faibles et sans force en réalité, ce sont les africains eux-mêmes qui doivent prendre conscience de ces choses et se bouger et agir par eux-mêmes en s’organisant et faisant des actions, du militantisme, en créant des structures privées, etc…

Pour faire en sorte que les choses avancent.

Sources : Comment la France à perdu l’Afrique, Antoine Glaser, Stephen Smith, éditions Calmann Levy, 2005

Le Franc CFA et l’Euro contre l’Afrique, Nicolas Agbohou Documentaire Francafrique, la raison d’État Documentaire Francafrique, l’Argent Roi

Un peu vieillie, mais toujours intéressante : une lettre d’Armand De Decker

Soumis en application des paragraphes 50 et 52 de la résolution 2277 (2016) du Conseil de sécurité, le présent rapport traite des principaux faits survenus en République démocratique du Congo depuis mon rapport du 3 octobre 2016 (S/2016/833), des progrès accomplis dans l’exécution du mandat de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et de questions relatives à l ’état de préparation de la Mission en vue de faire face aux menaces pesant sur la sécurité et de constater et signaler les violations des droits de l ’homme et les atteintes à ces droits dans le cadre des élections. Il donne également des indications sur la transformation de la force de la Mission et le travail accompli en vue d ’établir le plan de retrait de la brigade d’intervention.

Depuis la présentation du dernier rapport du Groupe ( S/2016/466) en mai 2016,

les conditions globales de sécurité en République démocratique du Congo ne se sont
pas améliorées. Ces derniers mois, la tension politique a augmenté à la suite du
report de facto des élections nationales, qui étaient prévues pour décembre 2016, ce
qui a entraîné des manifestations, le 19 septembre, lors desquelles des dizaines de
civils ont été tués ou arrêtés dans la capitale, Kinshasa. Même si le Gouvernement et
certains groupes d’opposition ont maintenu le dialogue politique, le risque de
nouvelles violences liées aux élections n’est pas à écarter.

Documents Secrets sur l'Organisation des FDLR, Noms de Recruts, Lieu D'entrenement, etc

Nous, participants aux pourparlers de Kinshasa, au Centre interdiocésain de
la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) et Représentants des
Composantes de la Majorité présidentielle, de l’Opposition politique, de la
Société civile signataires de l’Accord du 18 octobre 2016 de la Cité de l’Union
Africaine, d’une part, et du Rassemblement, du Front pour le Respect de la
Constitution et de la Société civile non signataires dudit Accord, d’autre
part ;

C'est ce lundi, à minuit, que le mandat du président Kabila aurait dû prendre fin. Ces derniers jours, les évêques de l'Eglise catholique ont essayé de trouver un accord plus inclusif avec le Rassemblement de l'opposition, le Front pour le respect de la Constitution et les organisations de la société civile qui avaient signé un précédent accord à l'automne dernier. Mais finalement, pas d’entente, les négociations devraient reprendre ce mercredi. A Bukavu et dans les grands centres comme Mwenga, Uvira, Fizi et Shabunda Officiellement, aucun parti n'a appelé à manifester ce lundi, mais les forces de sécurité se sont déployées dans tous les centres de la Province du Sud Kivu.

 

Depuis la guerre de 1996, le territoire de la République Démocratique du Congo (RDC)
anciennement Zaïre est une zone de conflits armés permanents malgré les différents accords
signés sensés apporter la paix dans la sous-région en général et en RDC en particulier.

30/12/16/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE VENDREDI (CongoForum)
La plupart des journaux parus à Kinshasa en ce 30 décembre 2016 consacrent leurs colonnes à la fin annoncée des discussions politiques sous l’égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo. Mais, précisément, quelle est cette fin ? Depuis le début, on nous annonce, tous les deux ou trois jours, que « Youpie ! on est parvenu à un accord… » à 90, 95 ou 98 %, puis tout retombe comme un soufflé raté… Alors ? « Accord ou pas accord ? ». Telle est la question que se posent les quotidiens. Faute de pouvoir y répondre, ils y vont de leurs commentaires et pronostics.

En ce jeudi 29 décembre 2016, les journaux parus à Kinshasa semblent découvrir que, dans des négociations comme celles du Centre Interdiocésain, « il n’y a d’accord sur rien tant qu’il n’y a pas d’accord sur tout ». Après avoir annoncé qu’il y avait un accord un accord avant Noël, puis qu’il y avait un accord sur un brouillon, mais qu’il fallait attendre un peu pour le mettre au propre, ensuite, qu’il fallait non seulement peaufiner le texte mais encore s’accorder sur quelques dernières divergences, on en arrive enfin à constater qu’on n’en est encore nulle part. Les points de divergences entre les signataires de l’accord du 18 octobre à la cité de l’Union africaine et les non signataires sont largement évoqués par la presse.

Suspension momentanée des Réseaux Sociaux de façon non exhaustive (Facebook, Skype, Instagram, Twitter, Google+, Baidu, Tieba, Viber, Pinterest, LinkedIn, Tagged, Badoo, MySpace, Youtube, Video, Buzznet, Flickr, Meetup, Snapfish, imo) le 18 Décembre 2016 a partir de 23h59

Discour d'ouverture ainsi que premières images de 3 journées d'echanges entre les signataires de l'accord du dialogue et les non participants organisées par la CENCO

 

Le dossier le plus explosif qu’a étalé sur la table Jean-Jacques Lumumba, c’est celui de la CENI. Au Congo, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) est chargée d’organiser les élections. A l’échelle de ce pays-continent, cette tâche est gigantesque. Pour le prochain scrutin, on parle d’un coût supérieur au milliard, financé par la communauté internationale et par les autorités congolaises.

Si l'Afrique n'arrive pas à s'approprier de ces 3 stratégies: Énergie, Défense stratégique et Mondialisation,  elle est destinée à disparaitre.

Il arrive dans la vie qu'une conversation banale nous secoue pendant des heures voire des jours. J'attendais tranquillement un ami au terminus d'autobus de Montréal quand un monsieur d'un certain âge a pris place à mes côtés avant d'engager l'une des conversations les plus enrichissantes de ma vie. Professeur d'études stratégiques dans un institut international, l'homme connaît le continent africain comme le fond de sa poche.

Assemblée nationale : Matata Ponyo dépose le budget 2017 évalué à 4,5 milliards USD

De 2015 à 2017, le budget de l’état est passé de 9,09 milliards de dollars américains à 4 milliards 500 millions de dollars, soit une baisse de 50%.

La conception du pouvoir au Congo s'apparente à l'un des voeux de Conseils évangéliques émis par les religieux au moment de s'engager dans une famille religieuse. Il s'agit de voeu d'obéissance vis à vis de son supérieur. En d'autres termes, le supérieur incarne l'autorité. Ce qu'il dit, ne peut en aucun cas, être contesté. Beaucoup de séminaristes et religieux ont été remerciés à cause de la désobéissance au supérieur. Les décisions prises par celui ci sont infaillibles.

Il y a de cela quelques semaines Patrick Buisson, l'ex conseiller de Nicolas Sarkozy, a écrit un livre "La Cause du peuple" qui étrille son ancien patron. Au premier jour de sa publication, le livre s'est vendu à 75 000 exemplaires. Je ne me limite pas au CA (Chiffre d'affaires) en faveur de l'éditeur et de son auteur, par contre je me plonge dans l'intérêt que cet ouvrage ait pu susciter dans l'opinion française, pour qu'il en soit ainsi raffolé.

Voici l’intégralité de l’Accord signé le mardi 18 octobre à la cité de l’OUA

Préambule

Nous, Délégués des forces politiques et sociales de la République Démocratique du Congo, représentants de la Majorité Présidentielle, de l’Opposition politique et de la Société Civile, ainsi que de Personnalités congolaises (ci-après Parties), réunis dans le cadre du dialogue politique national et inclusif, pour traiter de la problématique de l’organisation des élections apaisées, crédibles et transparentes, conformément aux principes énoncés dans la Constitution ;

APRES UN PARCOURS TRES DIFFICILE DANS L'OPPOSITION, EN BON OPPORTUNISTE SANS SCRUPULE, VITAL KAMERHE RETOURNE VICTORIEUSEMENT DANS LA MAJORITE PRESIDENTIELLE. IL SIGNE LE GLISSEMENT DE SON ANCIEN PATRON Mr. JOSEPH KABILA ET DIVORSE AVEC LES ASPIRATIONS PROFONDES DU PEUPLE CONGOLAIS.

L'homogénéité de la classe politique congolaise depuis l'indépendance jusqu'à ce jour, n'a pas changé d'un iota. Car, les hybrides de la politique prédatrice occidentale ont pris le relais pour atomiser leur peuple avec le soutien sans faille des prédateurs.

La jeune démocratie congolaise incarnée par la figure emblématique de Lumumba, a été étouffée dans l'oeuf pendant que le processus foetal suivait son cours.

À l'occasion de la fin de travaux du dialogue, nous avons sélectionné pour vous les 20 des célèbres paroles prononcées par Vital Kamerhe du 16 Avril 2014 au # 16 Octobre 2016

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