Depuis la présentation du dernier rapport du Groupe ( S/2016/466) en mai 2016,

les conditions globales de sécurité en République démocratique du Congo ne se sont
pas améliorées. Ces derniers mois, la tension politique a augmenté à la suite du
report de facto des élections nationales, qui étaient prévues pour décembre 2016, ce
qui a entraîné des manifestations, le 19 septembre, lors desquelles des dizaines de
civils ont été tués ou arrêtés dans la capitale, Kinshasa. Même si le Gouvernement et
certains groupes d’opposition ont maintenu le dialogue politique, le risque de
nouvelles violences liées aux élections n’est pas à écarter.

 

Des groupes armés étrangers sont encore actifs dans l ’est du pays. Les Forces
démocratiques de libération du Rwanda ont continué de menacer la sécurité du Nord -
Kivu. Le groupe a néanmoins été grandement affaibli par la poursuite des opérations
militaires et par une scission interne qui a conduit à la perte d ’un tiers, voire de la
moitié, de ses membres, qui se sont ralliés au nouveau Conseil national pour le
renouveau et la démocratie-Ubwiyunge. Les deux entités ont collaboré avec des
groupes armés locaux comme les Nyatura.


Les Forces démocratiques alliées (ADF) ont continué de sévir dans le territoire
de Beni et de recruter en 2016 des hommes en République démocratique du Congo,
au Rwanda et en Ouganda. Au moins un groupe des ADF a attaqué des civils au
cours de la période considérée.


Le Groupe d’experts constate que les programmes de traçabilité de l ’or n’ont
pas encore été mis en place : en attendant, il est de loin le minerai le plus utilisé pour
financer les éléments armés et les réseaux criminels. Le Groupe note toutefois avec
satisfaction l’ouverture d’enquêtes portant sur l ’implication de militaires congolais
dans l’exploitation illégale des ressources naturelles, ce qu ’il avait signalé dans de
précédents rapports. De hauts responsables militaires continuent néanmoins de se
livrer à des activités d’exploitation et de commerce de l’or, parfois en collaboration
avec des compagnies privées.


Les difficultés à prendre toutes les précautions qui s’imposent en matière de
diligence dans le secteur de l’étain, du tantale et du tungstène continuent de
compromettre les avancées positives constatées par le Groupe dans ses précédents
rapports. Alors que les procédures de traçabilité et de certification progressent, des
éléments armés interviennent de manière épisodique dans des sites d ’extraction
certifiés comme étant exempts de conflits.


Le Parc national de la Garamba est resté le principal lieu du trafic de l’ivoire,
mais on observe un recul du braconnage des éléphants en tant que sou rce de
financement pour l’Armée de résistance du Seigneur.

Le Groupe d’experts demeure préoccupé par les violations généralisées des
droits de l’homme et du droit international humanitaire en République démocratique
du Congo. Dans le territoire de Beni, les massacres de civils, comme celui perpétré à
Rwangoma en août 2016, se poursuivent sans relâche. En outre, les mesures de
rétorsion au sujet desquelles le Groupe avait enquêté dans le territoire de Lubero ont
désormais cours également dans le territoire de Rutshuru, avec la même dynamique
et la participation de certains des mêmes acteurs.


Des membres armés du Mouvement/Armée populaire de libération du Soudan
dans l’opposition sont entrés en République démocratique du Congo, en violation de
l’embargo sur les armes. Le Groupe continue d’être préoccupé par la persistance de
l’inefficacité de la gestion des stocks d’armes et par les difficultés rencontrées dans
le marquage des quelque 300 000 armes de petit calibre dans les délais fixés. En
conséquence, il n’est pas aisé de suivre les mouvements des armes et des munitions
détournées des stocks nationaux au profit des groupes armés.

 

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Source: CongoForum.be

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